« I’m afraid I can’t do that. » On peut trouver ça inquiétant, mais en y regardant de plus près, peut-être pas : 99% des attaques ont besoin d’une action d’un utilisateur pour aboutir.
J’en voulais aux Shadow Brokers d’avoir publié certains outils de la NSA, rendant ainsi facile l’attaque par des personnes ignares et non qualifiées, telles que les Anonymous.
Trop triste : dans la série « les espions espionnent », il s’avère que des pirates chinois1 ont utilisé ces outils… un an plus tôt !
Rien ne va plus dans le monde de l’informatique : on s’attaque à la mémoire sans vergogne. Exemples :
Martèlement mémoire (cf Wikipédia en français mais surtout en anglais), où on arrive physiquement à modifier de façon déterministe (= voulue et contrôlée) les bits voisins en RAM.
Flip Feng Shui (cf silicon.fr), qui est un type de martèlement mémoire. Comme seulement certaines zones y sont sensibles, cette technique consiste à pousser le système sous-jacent à stocker les informations critiques (comme les clés de chiffrement) dans les zones sensibles au martèlement mémoire1, et par d’autres techniques lire ces zones. Le Flip Feng Shui est une discipline japonaise d’agencement d’un habitat pour optimiser le flux d’énergie…
Moi qui suit un ardent défenseur de la langue française, je cède ici car l’expression est trop répandue pour ne pas la reprendre. Et surtout le terme fausses informations n’a pas exactement la même signification ni la même connotation complotiste.
Comment ça se passe
Définition
Commençons par tenter de définir ce que c’est. A mon sens, une fake new est une information fausse ou biaisée présentée comme incontestable, dans le but de manipuler les opinions.
le piratage pur et simple d’un site d’information ; c’est difficile car il faut s’introduire frauduleusement dans un SI, et risqué juridiquement ;
la copie visuelle, un peu moins risquée ;
l’usurpation de noms de domaines (prendre un nom de domaine proche d’un site connu) : on a l’embarras du choix avec les nouveaux TLD ;
les campagnes de publicité sur des médias reconnus, avec des supports faisant croire à de l’information (genre publi-information, mais avec un but plus clairement malveillant) ;
le site ad hoc, créé de toute pièces, avec des rédacteurs produisant du contenu régulièrement
Création du faux contenu
Circular reporting
Un mécanisme courant d’apparition et de crédibilisation d’une fausse information est le circular reporting. Le procédé est le suivant :
Un agent A publie l’information souhaitée, sans source ;
Un agent B (complice du premier ou trompé par celui-ci) publie l’information (toujours sans source) ;
L’agent A reprend alors l’information, mais cette fois en citant l’agent B. La boucle est bouclée.
En fonction de la crédibilité ou de la force d’influence de l’agent B, l’information se diffusera plus ou moins rapidement, mais l’agent A pourra désormais donner son information totalement fabriquée avec une source connue (connue ne veut pas dire forcément fiable).
Wikipédia est souvent utilisé comme « agent A », car il est souvent (trop souvent) repris comme source d’information fiable…
Variante : la source cachée
En journalisme, on demande de croiser ses informations en utilisant plusieurs sources différentes.
Or, notamment avec le web, plusieurs médias réputés peuvent reprendre une information dont la source n’est pas connue du lecteur final. Ainsi, ce dernier souhaitant vérifier l’information, ira sur ces différents médias : il aura l’impression d’avoir plusieurs sons de cloche alors qu’en réalité, ces médias ne font que reprendre la même et unique source.
Ca me rappelle un peu ce que je disais à l’époque sur le Web 2.0, avec les flux RSS fleurissant comme des boutons de sébums chez les adolescents, avec pour résultat de vous renvoyer en 50 exemplaires sur 50 sites différents la même information à la virgule près.
Création des faux documents
Tellement facile de nos jours… L’important pour le manipulateur sera d’avoir quelque chose de crédible mais de qualité moyenne, afin d’empêcher toute expertise ou toute recherche de retouche sur une photo, par exemple. Même les vidéos sont facilement contrefaites…
La troncature
Un moyen simple de manipuler un support est de le tronquer pour ne garder qu’une partie en effaçant une partie signifiante du support.
Autre grand travers dans le domaine de fake news : l’absence de visibilité des droits de réponse. En avril 2019, en période de tension entre l’administration américaine et la société Huawei, une nouvelle tombe sur les téléscripteurs : des backdoors auraient été trouvé(e)s sur des équipements réseau Huawei. Or très peu de temps après, Vodafone Italie (pourtant source annoncée de l’information) dément1 en indiquant n’avoir trouvé qu’un accès telnet2. Ok, utiliser ce protocole en soit pourrait être considéré comme une faille, mais il restait pourtant très courant de s’en servir chez les équipementiers réseau.
Faites une recherche Google et vous trouverez cette nouvelle multipliée à l’infini à la date du 30 avril 2019. Ce qui n’apparaît pas clairement est que cette information ne vient que d’une seule source, Bloomberg, qui a pourtant connu des précédents d’informations douteuses34 avec l’affaire SuperMicro5.
Utiliser une information provenant d’une source unique (Bloomberg), ayant eu des problèmes de crédibilité sur le même domaine de la sécurité informatique, pour établir une opinion et des sanctions économiques me semble problématique.
Et ne pas (ou peu ou pas assez) entendre la réponse (crédible ou pas) de Huawei indiquant que ces faits dataient de plusieurs années en arrière (2011 et 2012), que ces problèmes avaient été corrigés et qu’ils n’auraient pas forcément permis un accès à distance par internet2 est tout aussi perturbant.
Diffusion du contenu
Il est impressionnant de voir qu’il n’est pas utile d’écrire beaucoup pour être lu : en positionnant bien son article, avec une accroche bien faite, quelques lignes et une image spectaculaires suffiront.
Le canal privilégié sera les réseaux sociaux, très peu modérés ou contrôlés. Mais l’information ne sera reprise que si elle est issue d’un compte ayant une certaine popularité ou s’étant construit une image de confiance (apparente) suffisante.
Le compte créé pour l’occasion
Les comptes créés spécialement pour diffuser des fake news ont souvent des caractéristiques communes :
Compte récent (car les comptes douteux finissent heureusement souvent par être supprimés) ;
L’activité est surtout du relais d’information, et peu de création par lui-même ;
Beaucoup de mentions de type j’aime, ce qui s’achète facilement ;
En général peu d’abonnés, ou des abonnés de profil douteux (mais c’est difficile à contrôler).
Le compte original (par compromission)
La compromission d’un compte légitime est aussi possible, via phishing ou grâce aux questions secrètes encore beaucoup trop utilisées. Quoi de mieux que l’original pour diffuser une info bidon ?
La contrepartie est la limitation dans le temps : souvent surveillés, ils finissent par être redonnés à leurs propriétaires.
Double switch
Plus subtil, cette technique consiste à compromettre n’importe quel compte ayant un bon niveau de confiance. Sur Twitter, l’attaquant change ensuite le nom du compte pour celui qu’il veut (Donal__Trump par exemple), ce qui libère l’ancien… qu’il peut ensuite reprendre puisqu’il vient lui-même de le libérer !
Ainsi il dispose d’un compte ayant de nombreux followers, avec une identité qu’il a choisie (le compte original), et un autre compte (sans réputation ni followers) mais avec le nom du compte original ! Pas mal avec une seule compromission, non ?
Autres voies (voix)
Tout s’achète, y compris certains comptes de réseaux sociaux (avec leur public de followers). Et les blogs ou autres forums peuvent aussi encore servir, tout comme les commentaires (issus de robots ou pas).
Propagation
Une fois diffusé, le mécanisme continue : il faut toucher le public le plus large possible, et les réseaux sociaux font merveilles dans le domaine (et encore plus s’ils sont aidés par des robots).
Comment on lutte
Comme on peut, surtout que les mesures préconisées sont souvent contradictoires avec la liberté d’expression ou la neutralité du net.
Les attaques de type CSRF, ou Cross Sites Request Forgery, font partie du top ten de l’OWASP, c’est-à-dire font partie des attaques les plus courantes et donc contre lesquelles on se protège peu (ou mal) en général.
En français ça signifie quelque chose comme falsification des requêtes (http) inter-sites. Le principe est qu’un utilisateur d’un site A, sur lequel il a les droits d’accès, fasse une requête sur ce site A à son insu lors d’une visite sur un site B.
Ainsi, le site B contiendrait une requête spécialement préparée qui n’attendrait plus qu’à être déclenchée par l’utilisateur.
XML, comme toute technologie informatique, est potentiellement utilisable de façon détournée par de méchants pirates. Autrement dit, XML est attaquable. Certaines attaques sont relativement communes, d’autres sont plus spécifiques à la technologie elle-même.
Attaques XXE
Une attaque XXE consiste à utiliser le mécanisme XML External Entities qui permet de charger, dans un document XML, des données externes.
Principe
Il suffit donc ensuite que le serveur qui traite le fichier XML ait les droits sur la ressource demandées pour qu’il la récupère. Imaginons que le serveur soit installé sur une instance AWS : on peut très bien mettre, dans l’entité externe à charger, une URL du type //169.254.169.254/latest/meta-data/iam/security-credentials/role/ qui contient les informations d’authentification pour le rôle concerné.
Non, il ne faut pas croire que cela m’amuse de recenser les failles matérielles sur les processeurs (Intel ou autre). Au contraire : cela m’inquiète au plus haut point, sans m’étonner outre mesure, car la complexité des processeurs est devenue telle qu’il devient quasi-impossible de maîtriser l’ensemble de sa conception. En sécurité informatique, plus c’est complexe, plus c’est dur à sécuriser.
Nouvelle faille : Foreshadow
Traduisons ce qu’on trouve sur le site dédié (rappel : un site dédié avec un joli nom de faille et un beau logo sont les minimum syndicaux pour toute faille qui se vend respecte).
Foreshadow is a speculative execution attack on Intel processors which allows an attacker to steal sensitive information stored inside personal computers or third party clouds. Foreshadow has two versions, the original attack designed to extract data from SGX enclaves and a Next-Generation version which affects Virtual Machines (VMs), hypervisors (VMM), operating system (OS) kernel memory, and System Management Mode (SMM) memory.
Je me répète, non ? La plaie Spectre & Meltdown n’est pas encore fermée (et l’hémorragie n’est même pas encore arrêtée) que voilà poindre de nouvelles variantes, De l’avis d’Intel, quatre des huit vulnérabilités mises au jour sont plus critiques que la vulnérabilité Spectre initiale. Gloups.
SuperFish est un outil publicitaire qui a défrayé la chronique en février 2015. Sa principale fonction était de délivrer de la publicité ciblée, en analysant le trafic réseau de l’ordinateur où il est installé. Le problème est qu’il est aussi capable de déchiffrer les communications théoriquement sécurisées (par SSL ou TLS), via des techniques de type man-in-the-middle. Il a été installé sur de nombreux ordinateurs Lenovo.
Sacré Uber ! A leur sujet, je balance entre les pires des filous et les meilleurs bidouilleurs dans leur genre. Après une sombre histoire de batteries, les revoici encore pour nous montrer que leurs développeurs (ou ses cadres de vente) ont de sacrées idées !
L’histoire de la batterie
Tout çà ne serait qu’une boutade : Uber jure que l’information n’est pas utilisée pour de vrai. Avec des explications un peu confuses, on apprend sur le site npr.org1 que le chef marketing d’Uber a constaté que ses clients seraient enclins à payer plus cher une course quand leur smartphone est à court de batterie. On le comprend aisément : quand le téléphone va lâcher, on manque de temps pour faire sa réservation donc on accepte plus facilement ce qui est proposé2.
Les attaques par canaux auxiliaires (ou side channel atacks en anglais) sont des attaques très particulières1, qui utilisent les propriétés physiques ou matérielles d’un composant ou d’un microprocesseur2. Tout peut servir : la chaleur ou le rayonnement émis, le temps de réponse, la consommation electrique, etc. En général, la cible est le processus de chiffrement pour attaquer les clés servant à sécuriser la transmission de l’information.
Théorique ou pratique ?
Bien que cela semble très conceptuel, plusieurs failles liées à l’exploitation de canaux auxiliaires ont été mises au jour récemment. En 2018, Intel en a fait les frais avec Spectre et Meltdown. A peine avait-il repris sa respiration qu’une autre faille a été divulguée, encore une fois sur la prédiction de branche.
Un petit incident concernant le protocole utilisé dans quasiment tous les réseaux wifi actuels, auquel on a donné le nom évocateur de KRACK, est apparu (c’est-à-dire qu’on a communiqué publiquement dessus) aujourd’hui (16 octobre 2017).
En quelques mots : une personne (un équipement) captant physiquement le signal wifi WPA2 d’un réseau, même chiffré en bonne et due forme, peut déchiffrer tout le trafic, et donc lire tout ce qui y passe : la couche de protection WPA2 devient inutile. Si les informations qui transitent sur le réseau ciblé sont en clair, alors on peut les lire sans que vous ne vous en aperceviez. Par contre ce qui est chiffré au niveau supérieur (https, ssh, etc) reste tel quel, avec le niveau de protection attendu.
La récente salve de francisation de termes informatiques n’a pas fait que des heureux. Plusieurs voix se sont élevées contre l’institutionnalisation de fait de termes abscons, comme darkweb et deepweb dont l’existence même prête à polémique.
Autant un portail de messagerie (« webmail ») est un concept clair pour tous, autant les notions d’internet clandestin (« darkweb ») ou de toile profonde (« deepweb ») n’ont pas de réalité si tangible que ce qu’on veut bien nous faire croire.
Le cas des clandestins
Le Larousse nous apprend que clandestin peut signifier « qui se cache » mais aussi « qui contrevient à la loi ou qui se dérobe au contrôle ». Cela peut tout à fait s’appliquer à l’internet de Mme Michu, car nombre de sites web d’accès public contreviennent allègrement à plusieurs lois françaises : tel site d’un journal people qui reprend des clichés violant la vie privée de personnalités, tel autre qui diffuse de annonces liées à des escroqueries diverses (la bague qui guérit tout, le gain assuré au loto, l’augmentation de volume de [ce qu’on veut], la promesse de gains mirobolifiques sur des marchés financiers qu’on cache être extrêmement risqués), la vente d’armes sur Facebook ou Instagram, etc.
Par ailleurs, se dérober au contrôle est parfois une mesure salutaire notamment dans les pays (grands ou petits) où la censure sévit et où la clandestinité est la seule option permettant de vivre (ou survivre). Aller sur l’onionland ou utiliser des VPN est nécessaire à certains.
Sombre internet
D’après S. Bortzmeyer, la définition correcte de deepweb serait :
Concept débile, peu ou pas défini, flou, et qui ne sert qu’aux politiciens et journalistes sensationnalistes.
La définition officiellement retenue est :
Partie de la toile qui n’est pas accessible aux internautes au moyen des moteurs de recherche usuels.
Ce qui est sans aucun rapport avec la notion qu’on veut mettre dans ce deepweb peuplé uniquement de méchants qui se cachent pour comploter, car il y a un tas de raisons pour lesquelles les moteurs de recherche n’indexent pas : je prenais le cas d’un portail de messagerie, dont la quasi-totalité du contenu n’est accessible qu’à un utilisateur authentifié (et donc inaccessible aux moteurs de recherche). Ce portail de messagerie serait donc à classer dans le deepweb. Or consulter ce deepweb vous expose directement à l’excommunication ou à des poursuites pénales, bien entendu. Idem pour tous les sites utilisant un fichier robots.txt.
Deep ou dark ? Blanc ou noir ?
J’avoue moi-même ne plus bien réussir à faire la différence entre ces deux notions, tant elles sont floues. Une distinction plus simple et plus claire serait peut-être de parler d’activités légales ou d’activités illégales sur internet, quels que soient les moyens employés, puisqu’on peut vendre de la drogue sur l’internet « classique » et tenter de sauver sa famille sur l’internet « clandestin ». Toutefois, le darkweb désigne plus généralement :
Réseau accessible uniquement via des outils spécifiques, comme le navigateur Tor.
Après, Tor ou Freenet ne sont pas vraiment des réseaux séparés, puisqu’ils utilisent l’infrastructure d’internet. On parle de réseaux « overlays », qui se superposent sur des réseaux existants.
Internet n’est qu’une sorte de reflet des activités humaines : les truands se cachent, sauf parfois pour escroquer les gens ou faire leur business. Et les gens normaux sont parfois tentés d’être discrets pour de bonnes raisons. Le darkweb sera d’ailleurs peut-être la dernière solution pour tenter de garder un soupçon de vie privée.
The Dark Web Boundaries Are Not Always Clear, and Many Sites Fall in a Gray Area
Kubernetes, ou k8s pour les intimes, est un orchestrateur. On pourrait dire parmi tant d’autres, vus qu’ils fleurissent pour nous aider à tout faire, mais pas tant que ça : il tend de facto à devenir un standard, ou tout du moins l’outil le plus utilisé dans son genre.
Je pourrais renvoyer directement cette page vers une page script kiddies. Les Anonymous ne représentent rien, à mon sens, et ne sont pas comparables aux hacktivistes, qui sont compétents (eux).