Archives de catégorie : Attaques

Intel, des failles (ter)

Non, il ne faut pas croire que cela m’amuse de recenser les failles matérielles sur les processeurs (Intel ou autre). Au contraire : cela m’inquiète au plus haut point, sans m’étonner outre mesure, car la complexité des processeurs est devenue telle qu’il devient quasi-impossible de maîtriser l’ensemble de sa conception. En sécurité informatique, plus c’est complexe, plus c’est dur à sécuriser.

Nouvelle faille : Foreshadow

Traduisons ce qu’on trouve sur le site dédié (rappel : un site dédié avec un joli nom de faille et un beau logo sont les minimum syndicaux pour toute faille qui se vend respecte).

Foreshadow is a speculative execution attack on Intel processors which allows an attacker to steal sensitive information stored inside personal computers or third party clouds. Foreshadow has two versions, the original attack designed to extract data from SGX enclaves and a Next-Generation version which affects Virtual Machines (VMs), hypervisors (VMM), operating system (OS) kernel memory, and System Management Mode (SMM) memory.

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Intel, des failles (bis)

Je me répète, non ? La plaie Spectre & Meltdown n’est pas encore fermée (et l’hémorragie n’est même pas encore arrêtée) que voilà poindre de nouvelles variantes, De l’avis d’Intel, quatre des huit vulnérabilités mises au jour sont plus critiques que la vulnérabilité Spectre initiale. Gloups.

Voici, par ordre d’apparition

Nouvelles variantes

Variante 3a

CVE-2018-3540. Impact sur des hyperviseurs.

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Intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est un concept nouveau depuis 30 50 ans (mince, c’est encore plus vieux que je ne le pense). Quand j’ai commencé l’informatique, on parlait déjà d’intelligence artificielle, et déjà on était déçu des résultats, au point que l’acronyme IA se trouvait souvent remplacé par Informatique Avancée qui correspondait mieux à la nature profonde du sujet. Le marketing ou nos peurs primaires nous empêchent souvent de bien comprendre ce que recoupe cette notion d’intelligence artificielle. Mais parler d’intelligence artificielle est nettement plus vendeur que de parler de classification automatique de motifs complexes1.

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SuperFish

SuperFish est un outil publicitaire qui a défrayé la chronique en février 2015. Sa principale fonction était de délivrer de la publicité ciblée, en analysant le trafic réseau de l’ordinateur où il est installé. Le problème est qu’il est aussi capable de déchiffrer les communications théoriquement sécurisées (par SSL ou TLS), via des techniques de type man-in-the-middle. Il a été installé sur de nombreux ordinateurs Lenovo.

Epilogue

Lenovo Ordered to Pay $7.3M in Superfish Fiasco

Uber

Sacré Uber ! A leur sujet, je balance entre les pires des filous et les meilleurs bidouilleurs dans leur genre. Après une sombre histoire de batteries, les revoici encore pour nous montrer que leurs développeurs (ou ses cadres de vente) ont de sacrées idées !

L’histoire de la batterie

Tout çà ne serait qu’une boutade : Uber jure que l’information n’est pas utilisée pour de vrai. Avec des explications un peu confuses, on apprend sur le site npr.org1 que le chef marketing d’Uber a constaté que ses clients seraient enclins à payer plus cher une course quand leur smartphone est à court de batterie. On le comprend aisément : quand le téléphone va lâcher, on manque de temps pour faire sa réservation donc on accepte plus facilement ce qui est proposé2.

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Canaux auxiliaires

Les attaques par canaux auxiliaires (ou side channel atacks en anglais) sont des attaques très particulières1, qui utilisent les propriétés physiques ou matérielles d’un composant ou d’un microprocesseur2. Tout peut servir : la chaleur ou le rayonnement émis, le temps de réponse, la consommation electrique, etc. En général, la cible est le processus de chiffrement pour attaquer les clés servant à sécuriser la transmission de l’information.

Théorique ou pratique ?

Bien que cela semble très conceptuel, plusieurs failles liées à l’exploitation de canaux auxiliaires ont été mises au jour récemment. En 2018, Intel en a fait les frais avec Spectre et Meltdown. A peine avait-il repris sa respiration qu’une autre faille a été divulguée, encore une fois sur la prédiction de branche.

http://www.cs.ucr.edu/~nael/pubs/asplos18.pdf

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Serverless functions

Principe

Les principe des serverless functions (fonctions sans serveur) consiste à mettre à disposition, pour un client, un environnement d’exécution géré par l’hébergeur (et non par le client) permettant de faire tourner un script ou programme ayant une durée de vie assez courte, par exemple en réponse à un événement quelconque.

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S3

S3 (Amazon Simple Storage Service) est un service de stockage d’objets en ligne d’Amazon Web Services (AWS). Bien que très pratique, il peut être très mal utilisé. Résultat : on assiste en ce moment à un florilège de divulgation de données via des S3 fonctionnant très bien mais mal paramétrés.

Il existe des variantes avec d’autres produits mal configurés, comme le service ElasticSearch, qui peut se révéler tout aussi fatal aux informaticiens peu consciencieux (ou débordés), ou la base MongoDB mal sécurisée par défaut.

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ElasticSearch

ElasticSearch est un moteur de recherche et d’analyse RESTful distribué, d’après son site web (elastic.co). Très utilisé et même proposé sous forme de service par AWS, ce produit permet de gérer des recherches sur de grandes quantités de données.

C’est bien.

Mais cela devient moins amusant quand on le configure mal, les informaticiens pouvant être peu consciencieux ou débordés. Le résultat est alors sans appel : des moteurs de recherche internet (comme Shodan) indexent (trop) facilement les contenus mal protégés, et l’énorme quantité des données gérées par ElasticSearch deviennent purement et simplement disponibles et accessibles à la moindre requête anonyme.

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Objets connectés

Le terme objets connectés me semble plus approprié que l‘internet des objets, qui prend les choses dans le mauvais sens en partant d’internet pour arriver aux objets, et qui est également trop limitatif car le vrai enjeu n’est pas tant d’être sur internet que d’être relié à d’autres objets.

Le ‘S’ dans IOT c’est pour « Sécurité ».

Blague anonyme

Les objets connectés existent depuis longtemps, sur l’échelle de temps informatique. Un ordinateur ou un serveur informatique étant des objets, il y a belle lurette que la connexion est faite. Le vrai changement est qu’en suivant la vague de miniaturisation et de banalisation des composants informatiques, on peut désormais coller partout ces composants, jusque dans votre pacemaker12, permettant notamment des fonctions évoluées mais aussi de la communication avec d’autres objets, sur internet ou pas.

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Attaque et défense

La défense semble une posture normale pour tout entité, vivante ou organisationnelle. Il va de soi qu’un Etat va chercher à se défendre et à défendre ses concitoyens, tout comme n’importe quel individu. L’attaque dépend d’autres facteurs, et cette capacité a longtemps eu une place à part en informatique, car cela a toujours été considéré comme l’apanage des méchants. L’informatique était considérée comme un outil de production, qu’il fallait protéger et garder en état de marche.

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KRACK

Un petit incident concernant le protocole utilisé dans quasiment tous les réseaux wifi actuels, auquel on a donné le nom évocateur de KRACK, est apparu (c’est-à-dire qu’on a communiqué publiquement dessus) aujourd’hui (16 octobre 2017).

En quelques mots : une personne (un équipement) captant physiquement le signal wifi WPA2 d’un réseau, même chiffré en bonne et due forme, peut déchiffrer tout le trafic, et donc lire tout ce qui y passe : la couche de protection WPA2 devient inutile. Si les informations qui transitent sur le réseau ciblé sont en clair, alors on peut les lire sans que vous ne vous en aperceviez. Par contre ce qui est chiffré au niveau supérieur (https, ssh, etc) reste tel quel, avec le niveau de protection attendu.

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Heartbleed

Heartbleed est le nom donné à une faille dans une implémentation d’openSSL.

OpenSSL : c’est quoi ?

Avant toute chose, il faut savoir que SSL (dont les versions récentes s’appellent TLS) est un protocole qui permet de chiffrer des communications sur internet et d’authentifier une machine (un serveur web par exemple). Chiffrer, c’est rendre illisible un message à tous ceux qui ne disposent pas de la clé de déchiffrement. Ce protocole est très utilisé sur internet, et openSSL est un des outils d’implémentation de SSL parmi les plus utilisés.

Quand vous vous connectez de manière sécurisée sur un site web, vous passez par https et plus de la moitié de serveurs web dans le monde utilisent openSSL pour réaliser cette connexion https.

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StageFright

Dévoilée durant l’été 2015, StageFright est une faille concernant les systèmes Android. Elle a été découverte dans une bibliothèque multimédia servant à lire des vidéos envoyées par MMS, et permettrait de prendre le contrôle du terminal (smartphone ou tablette) à l’insu de l’utilisateur.

Qui est concerné ?

Cette bibliothèque est  utilisée par les systèmes Android depuis la version… 2.2, ce qui fait qu’environ 95% des terminaux Android seraient, au final, concernés.

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ZeroFont

La technique ZeroFont (ou de la fonte zéro, en french) est une technique à la fois subtile et basique, employée depuis longtemps, puis oubliée, puis remise au goût du jour pour contrer les plus performants des outils de lutte contre la cybercriminalité, notamment contre le phishing.

Quel intérêt ?

Le principe est d’inclure dans un document du texte dont la taille de fonte est zéro. Ainsi, on obtient un texte visible différent du texte codé informatiquement dans le fichier concerné (en général un mail).

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Filoutage

Une page spéciale est consacrée au phishing (ou en français « hameçonnage », mais c’est pas très joli). Il s’agit d’une menace classique mais très répandue.

Il s’agit d’un procédé dont le but est de vous faire avouer vos codes secrets (mot de passe) ou vos coordonnées bancaires en se faisant passer pour un mail officiel.

Principe

On vous envoie un mail qui imite ceux de l’organisme visé (une banque ou un site marchand en général) qui vous incite à resaisir vos mots de passe, sous un (fallacieux) prétexte de mise-à-jour de sécurité ou n’importe quoi d’autre. Pour cela, le mail contient un lien web sur lequel vous devez cliquer pour resaisir votre mot de passe. Or ce lien web vous envoie vers un faux site lui aussi semblable au site officiel, mais ce faux site n’a d’autre but que de stocker vos codes secrets…

Soyez extrêment vigilants !

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A qui la faute ?

Bonne question ! L‘attribution d’une attaque est un des problèmes récurrent et quasi-insoluble auquel est confronté la communauté de la sécurité informatique. Il va de soi qu’on souhaite toujours savoir qui nous attaque, mais à l’inverse des attaques militaires (quoique…), il est en pratique très difficile de savoir d’où vient la menace.

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Homographie

L‘homographie est une technique d’attaque visant à créer une URL visuellement identique mais distincte d’une URL légitime, en utilisant des caractères Unicode s’affichant comme les caractères normaux.

Pourquoi ça marche ?

Depuis 20031, l’ICANN a introduit la possibilité d’avoir des URL en caractères non-latins. Unicode permet l’utilisation d’une très grande variété de jeux de caractères, dont le cyrillique souvent utilisé dans ce type de tromperie. Les formes de caractères sont si diverses qu’on arrive à trouver des caractères non-latins ressemblant beaucoup aux caractères latins. Il suffit de les substituer pour avoir une URL différente mais ressemblant visuellement à l’URL visée. L’ICANN a bien mis en garde contre cela2, sans grand succès.

Un exemple

  • ssi.ninja : 73 73 69 2e 6e 69 6e 6a 61
  • ssi.ninjа : 73 73 69 2e 6e 69 6e 6a 430
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